Intervention du Premier secrétaire au Conseil national du 22/06/2012

Chers amis,

Il y a prés de 4 mois, nous étions réunis ici même, et le Conseil national a pris la décision souveraine de participation tactique aux élections législatives. Le lendemain, je concluais mon intervention liminaire à la conférence de presse qui a suivi cette session du Conseil, par les propos suivants : « Nous espérons que cette participation aux élections sera un commencement, un nouveau départ pour la construction du parti et la remobilisation politique de la société».

 

Aujourd’hui, que de chemin parcouru !

Nous sommes allés aux élections, notre parti se remobilise, notre parti se rassemble, en dépit ou en réponse à toutes les attaques qu’il essuie depuis que nous avons décidé de mettre du mouvement dans le statu quo. En dépit de tous les obstacles et de toutes les campagnes, à l’intérieur ou à l’extérieur du parti, menées par quelques organes de presse, quelques chaines satellitaires, et malheureusement d’anciens responsables du parti.

 

Chers camarades,

Tout s’explique avec le temps et le déroulement des évènements. Je vous demande de prendre la mesure et la vraie dimension de cette campagne contre le FFS.

 

Par sa durée, son ampleur et la palette des intervenants, impliqués ou recrutés, le véritable objectif visé n’est pas une décision politique du parti – je vous rappelle qu’elle a été prise à la quasi unanimité des membres du Conseil national en accord et en concertation avec le président du parti -, mais deux options apparemment contradictoires : réaliser une OPA sur le parti ou en cas d’échec travailler à sa destruction.

 

Oui, la direction du parti est prioritairement ciblée, le président lui-même n’est pas épargné.

A la veille du cinquantenaire de l’Indépendance nationale, des janissaires de la plume dictent à coup d’éditoriaux où le mensonge factuel le dispute à l’impudeur et à l’impudence des commentaires, la nouvelle feuille de route à des « militants » félons pour salir le dernier des historiques, celui qui demeure un recours pour notre pays.

Après les assassinats par balles, d’aucuns tentent aujourd’hui l’assassinat par la plume ; cette presse là à l’audace de se prétendre nationaliste, démocrate et tenez vous bien indépendante !

 

Quant à ces « EX » en rupture avec le parti depuis près d’une décennie, je les défie de quitter leur retraite dorée et de se présenter dans leurs Fédérations. Ils auront ainsi l’occasion d’affronter les militants qui les ont porté et qu’ils ont honteusement abandonné par la suite.

 

 

 

 

Chers camarades,

Tout s’explique avec le temps et le déroulement des évènements: les blocages rencontrés durant et après la campagne électorale et qui sont parfois le fait de quelques membres du Conseil.

 

Je sais que vous avez pu mesurer en toute objectivité et sur le terrain que les militants ne sont pas dupes de ces campagnes féroces. Vous avez constaté combien ils sont déterminés à mettre en échec cette opération contre le FFS et entendu leur exigence de prises de mesures fortes contre celles et ceux qui dans le parti ont participé à ce travail de casse. Inévitablement, c’est un point que nous aurons à traiter aujourd’hui, dans la sérénité, le discernement et le respect de nos statuts et de nos instances.

 

Aux militantes et aux militants du FFS, je tiens d’emblée à dire que :

-          Le parti sort renforcé de cette étape électorale ; il entame un nouveau départ dans le processus de sa construction.

-          Notre appel à la réhabilitation du politique et de l’éthique politique trouve un écho réel au sein de la société.

-          Le FFS est aujourd’hui la pierre de touche de tout processus politique de réforme démocratique dans le pays, non seulement pour nos compatriotes, mais aussi pour la communauté internationale.

-          Les valeurs et les principes de notre parti sont plus que jamais d’actualité et plus que jamais respectés. Que sa stratégie politique élaborée au sein de ses instances, de toutes ses instances, va dans la bonne direction. Elle a été actualisée, adaptée et réélaborée en intégrant l’irruption du « Printemps » arabe dans la région.

 

Une parenthèse, si vous le permettez, il faut être aveugle ou d’une légèreté insondable pour, aujourd’hui encore, ne pas voir les interactions entre la situation nationale et la situation régionale, voire internationale. C’est faire preuve d’une indigence politique crasse que de penser que rien n’a changé dans le pays ! Que le contexte a fait émergé de nouveaux enjeux voire de nouveaux périls. Nous n’avons en aucune manière cherché à dramatiser les choses à des fins électoralistes, mais nous estimons qu’ils méritent toute notre attention et ne doivent être ni sous estimés, ni sur estimés.

 

-          Pour en revenir à notre stratégie, telle qu’exposée dans notre projet électoral, elle vise à organiser le parti pour, je cite :

 

« Affronter le défi de la reconstruction du projet libérateur algérien, là où il a été interrompu, c’est-à-dire au seuil de l’organisation démocratique et du pouvoir.

Construire dans le pays un consensus politique le plus large possible, pour préserver sa souveraineté, promouvoir la citoyenneté et la démocratie et restaurer son autonomie de décision. Ce consensus politique devra être assez fort pour permettre la refondation démocratique et la stabilisation des institutions nationales. Ce qui ouvrirait enfin la voie à la paix civile et jetterait les bases d’une véritable réconciliation nationale.

 

Ce consensus politique pourrait s’organiser autour des propositions suivantes :

-          Le respect des pluralismes et des droits de la personne humaine, étant entendu que leur dissociation ouvre la porte à l’autoritarisme.

-          Le primat du Droit

-          L’Assemblée Constituante souveraine

-          Un Etat constitutionnel avec limitation et séparation des pouvoirs

-          Un Etat démocratique c’est-à-dire un Etat qui respecte la minorité et le gouvernement de la majorité

-          Réunir les conditions d’élaboration d’un consensus social et économique

Ces différents consensus pourraient œuvrer à la sauvegarde de l’indépendance nationale et répondre aux besoins des générations actuelle et future »

 

Chers camarades,

Le parti doit rapidement se mettre en ordre pour maintenir et consolider la dynamique politique et la mobilisation militante et citoyenne. Ainsi nous pourrons aborder dans les conditions les meilleures les échéances à venir.

Les élections locales arrivent. Cela ne sera pas facile, je tiens à le dire, mais tous ensemble nous saurons trouver les moyens de surmonter des obstacles, sérieux peut être, qui se poseront inévitablement à nous.

Dans le même temps et le même mouvement, nous continuerons à travailler au développement de notre organisation pour faire du prochain Congrès du parti un évènement politique national.

La feuille de route est toute tracée : traduire dans la réalité les résolutions du 4e Congrès, particulièrement l’ouverture du parti, et aller sur le terrain pour donner une impulsion décisive aux chantiers proposés par le Président, il y a de cela plus d’une année maintenant.

 

Chers amis,

Aujourd’hui, l’équation politique inédite issue de ce dernier scrutin est à évaluer sérieusement. Il est illusoire de penser que le score hégémonique du FLN est suffisant pour sortir des impasses du système ; il y a nécessité et urgence à prendre des mesures d’ouverture politique sérieuses.

Je vais me permettre de réitérer un message que le parti avait adressé l’année dernière aux décideurs : « N’ayez pas peur du changement ! Cessez de vous laisser guider par la peur du changement ».

Pour notre part, et je le répète, le FFS est extrêmement attentif au potentiel militant que la campagne électorale a révélé au-delà de ses propres structures. Là où nous sommes allés, dans le pays profond, des voix se sont exprimées en faveur du changement pacifique et démocratique, il nous revient de garder le contact pour continuer à échanger et à agir avec elles pour sortir de l’émeute et de l’exclusion. Dans l’exercice citoyen effectif s’opéreront les décantations.

 

Chers camarades,

Pour terminer, aujourd’hui comme hier, le FFS élabore sa stratégie avec les rêves et la volonté de ses militants. L’essence du FFS c’est le recours au peuple.

 

Je vous remercie.